Ce mardi 1er mars, à 20h au 16 rue Defacqz (Local ACF), Marie-Françoise De Munck parlera de Madame Guyon.

Voici l’argument de son intervention :

Mme Guyon, une mystique à la cour de Louis XIV

Vers Le moyen court
Quelle mystique était Mme Guyon (1648-1717) ? On considère souvent que la vie mystique de Mme Guyon a commencé après la mort de son mari. Nous explorerons cependant sa biographie d’enfance et durant son mariage pour cerner les douloureux événements qui ont contribué à ses expériences mystiques et à la place qu’elle a prise, sans doute malgré elle, dans le débat religieux de son temps.

Mystique de l’innocence et de la paix, un hiatus est lisible entre sa biographie et ses écrits. Au décès de son mari, commence le parcours plein de rebondissements de ses relations avec les représentants de l’Eglise. La position mystique qu’elle développe dans ses écrits, va être rapprochée du mouvement quiétiste méditerranéen, en vogue depuis le XVIIème, mais condamné par Rome. Sa présence à la cour de Louis XIV séduira un temps Mme de Maintenon, la favorite, mais le conflit religieux et des jeux d’alliance, menaçants le pouvoir royal, entraîneront sa disgrâce et 7 ans d’emprisonnement. Défendue par Fénélon, attaquée par Bossuet, elle sera au cœur de la « querelle du quiétisme » dont l’issue signera un déclin de la vie mystique en France, faisant porter une suspicion durable sur ses représentants, fussent-ils les plus reconnus.

Pour vous introduire à l’originalité des positions de Mme Guyon, je vous invite à la lecture de son petit opuscule « Le moyen court et très facile de faire oraison que tous peuvent pratiquer très aisément et arriver par là dans peu de temps à une haute perfection» (1), source de moult controverses.

(1) Madame Guyon, Le Moyen court, Mercure de France, 2001.

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