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Sulamith (Anselm Kiefer, 1983)

Chers,

Ce mardi 7 juin à 20h, au local de l’ACF, 16 rue Defacqz, aura lieu le dernier séminaire de cette année.

Katty Langelez parlera de mysticisme sans Dieu. Je parlerai de Paul Celan et de Anselm Kiefer.

Voici les arguments.

A demain,

Jean-Claude Encalado

Mystique athée

Partant du trajet de Philippe Mengue, philosophe et sportif, qui a voulu faire se rejoindre deux pans à première vue opposés de sa vie, je me suis intéressée à la dimension mystique incluse dans la pratique sportive. Autrement dit à l’Autre jouissance au-delà de la jouissance phallique. Mais la question de Dieu est vite venue m’embarrasser, encombrer ma réflexion. Si Philippe Mengue se veut athée, il place la force des éléments dans ce lieu d’où ça répond, d’où l’homme rejoint un au-delà. C’est la Nature, ses éléments, qui occupent la place de Dieu, d’où provient cette jouissance illimitée.

Poursuivant mon chemin, j’ai rencontré Jean-Claude Bologne, historien belge renommé et qui a étudié très précisément cette question de la mystique athée, à partir de sa propre expérience dont il ne se cache plus. Son approche est sérieuse et passionnante.

A partir de ce point, j’ouvrirai une question qui ne pourra certainement se résoudre aisément : entre le témoignage des mystiques et le témoignage des analystes sur leur expérience analytique et nommés par la passe (les AE), il y a des points de concordance. Quelles sont ces concordances ? Quelles sont les divergences ? Un psychanalyste au terme de son parcours ne témoigne-t-il pas aussi d’une expérience au limite de l’indicible où il a quelque chose à tirer hors du silence de l’Autre jouissance ?

Katty Langelez

Niemand

Notes sur Kiefer / Celan

Commençons par Kiefer, et feuilletons le catalogue de sa rétrospective à Beaubourg. Il se dégage une forte impression. On se dit : c’est manifestement un grand artiste.

Puis on parcourt son contenu. Fils d’un père militaire, officier à la Wehrmacht, il traite de l’histoire de l’Allemagne depuis le moyen âge jusqu’à aujourd’hui. Et là on tombe sur le nazisme, sur l’hypnose collective d’un peuple, admirant et se soumettant à un Führer.

Kiefer traite de cette mémoire-là : de l’Allemagne nazie, de la faute des Allemands, et de la faute de son père. Et de lui, qui endosse cette faute. De 1970 à 1981.

Début des années 80, il rencontre Celan, surtout un recueil de poésie, Pavot et mémoire, voire un poème, Todesfuge. Là, il est confronté aux camps d’extermination et à la destruction des Juifs d’Europe.

Jusque là, Kiefer traitait d’une faute, d’une culpabilité. De l’Allemagne, de son père. Mais avec Celan, il traite quoi ? Est-il juste d’intégrer dans ses tableaux, dans ses sculptures, des poèmes de Celan ?

Kiefer traite par ses toiles une faute. Celan traite par ses poèmes l’horreur.
A l’un, la faute, imprescriptible ; à l’autre, le trauma, incurable.

Jean-Claude Encalado

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